Théorie musicale

Nuances et articulations

Les nuances : jouer plus fort, plus doux

La hauteur et la durée d'une note ne disent rien de son intensité — c'est le rôle des nuances, notées en italien sous la portée : piano (p) pour doucement, forte (f) pour fort. Une nuance reste valable jusqu'à ce qu'une autre vienne la remplacer : pas besoin de la répéter à chaque note, exactement comme l'armure pour les altérations.

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La même gamme montante : piano sur les quatre premières notes, forte sur les quatre suivantes.

Du pianissimo au fortissimo : toute l'échelle

Entre ces deux pôles, la musique dispose d'une véritable échelle. Du plus doux au plus fort : pianissimo (pp), piano (p), mezzo-piano (mp), mezzo-forte (mf), forte (f), fortissimo (ff). Le préfixe mezzo signifie « à moitié » : mezzo-forte, c'est « moyennement fort ». Les compositeurs vont parfois au-delà (ppp, fff…), mais ces six degrés couvrent l'essentiel du répertoire — et leur valeur est toujours relative : le forte d'une berceuse n'est pas celui d'une marche militaire.

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Six notes, six degrés : l'échelle complète, du pianissimo au fortissimo.

Crescendo et decrescendo : changer d'intensité en route

Une nuance peut aussi évoluer pendant qu'on joue. Le crescendo (« en grandissant ») demande d'augmenter progressivement le son ; le decrescendo — ou diminuendo — de le réduire. Sur la partition, ils se notent en toutes lettres (cresc., dim.) ou par des « soufflets » : deux lignes qui s'écartent pour le crescendo, qui se referment pour le decrescendo. Le soufflet dit exactement où le changement commence et où il s'arrête — c'est sa grande force par rapport au mot seul.

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Partis piano, on grandit jusqu'au forte, puis on redescend : un soufflet dans chaque sens.

Les articulations : la manière d'attaquer et de relâcher la note

À intensité égale, une note peut aussi être jouée de façons très différentes. En détaché (staccato, noté par un petit point au-dessus de la note), chaque note est raccourcie et clairement séparée de la suivante. En lié (legato, noté par une ligne courbe au-dessus des notes concernées), les notes s'enchaînent sans coupure, comme une seule phrase continue. Un accent marque au contraire une seule note pour qu'elle ressorte nettement du reste, sans changer la nuance générale du passage.

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La même note, quatre fois détachée, puis une phrase liée, puis la première note accentuée.

Tenuto, marcato : les cousins de l'accent

Deux signes complètent la famille. Le tenuto (un petit trait horizontal au-dessus de la note) demande de tenir la note sur toute sa valeur, en la posant avec un léger appui — ni détachée, ni accentuée : simplement pleine. Le marcato (un accent vertical, en chapeau) est l'accent le plus vigoureux : la note est à la fois attaquée fort et détachée. Du plus doux au plus incisif : tenuto, accent, marcato.

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La même note : deux fois tenuto, puis accentuée, puis marcato.

Nuances et articulations sont le vocabulaire de l'expression : deux interprètes qui lisent les mêmes hauteurs et les mêmes rythmes, mais pas les mêmes nuances, ne jouent pas la même musique. C'est souvent la première chose qu'un professeur fait travailler une fois les notes en place — et la première chose qu'on entend dans un examen.

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